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Chronique d’une Ile annoncée

15 juin 2018 - 22:24

Sur l’expédition Lorient – Ile de Groix des 9 et 10 juin de l’an 2018

Parmi les nombreux imaginaires que les clubs d’Aviron développent auprès de leurs adhérents, celui sur l’Ile à parcourir, l’île à découvrir est certainement le plus fédérateur ; l'île fascine, parce qu'elle est un monde à elle seule, coupée du monde et de sa douce folie. L’ile est forcément littéraire, elle est dotée d’une flore luxuriante, peuplée d’animaux fantastiques, de trésors multiples et de cannibales…

C’est donc naturellement que de multiples équipages cédèrent à l’attraction de ce week-end d’expédition Lorient – Groix proposé par le Centre nautique de Lorient les 9 et 10 juin 2018 et se retrouvèrent aux Kerguelen[1] avant même de partir en mer.

Oh ! Combien de marins, combien de capitaines 
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, 
(V Hugo)

127 marins s’embarquèrent là où finit la terre, par deux, par cinq, dans un ciel éclairci, déchiré par le soleil. Les 20 yoles entourant le D’Aboville local de l’étape s’élancèrent telle une nuée sur les flots, faisant trembler les eaux. Non loin des rivages de France, cette île au sein des mers constitue le but, cet eldorado entretenu auprès de nous par la mémoire de Marie-O.

Sur le bateau d’Indre, on se prend pour Magellan, Vasco de Gama ou Cortès quand François est à la barre. Sur mer, l’aviron brestois festoie déjà et prépare son ode à la pluie pour le lendemain. Quant aux rudes gaillards normands échappés de la tapisserie de Bayeux, tel Harold, ils traversent les vagues, se fiant à leur courage et à la maîtrise de leurs bras[2].

On dit que l'on y voit sa joie,
On dit que l'on y voit sa croix.
Je parle de l'île de Groix.
(G Servat)

Les équipages décident de ne pas s’approcher trot tôt de l’Ile bretonne, ils la contournent et la ceinturent, découvrant de loin son sable fin. C’est un roc ... un pic... que dis-je mais c'est un cap ! Le décor est splendide, quelques voiliers s’y fourvoient. Les galériens du coup oublient leur peine et bandent leur muscle pour s’en approcher un peu plus. Bientôt, entre les vaisseaux et la mer, des feux brillent dans la crique, aussi nombreux que les étoiles dans le ciel. Autour de chaque feu se dressent fièrement des chaises de bar…. Les barques s’approchent, alléchées par ce qui semble être une fontaine à bière… Dans la précipitation et dans les clapotements furieux des marées, tous s’échouent aux pieds des taverniers[3]. Le débit n’est plus celui de l’eau mais de la mousse et du houblon.

Ulysse, toutes ces choses se sont donc passées ainsi. Maintenant écoute-moi, et plus tard un dieu te rappellera le souvenir de mes paroles.
(Omer Simpson)

Des litres de sueur épongées, des litres de bière avalés, les équipages commencent la lente traversée de l’Ile pour en atteindre la plus haute contrée, près du fort. Ils posent leurs équipages, donnant à la nature l’allure quechua. Ils quittent leurs habits de couleur (souvent du fluo rose, jaune ou rouge !) enfilent leur polaire et se rapprochent de la scène pour un forum grec improvisé. C’est à cet endroit que d’étranges et académiques conversations s’organisent, ici sur les suspensions en bouchon de liège du cru, là sur le film insulaire, là encore sur le prix Nobel Amartya Sen et sa théorie des compétences (Capabilities) Sur ce registre, c’est Fabienne qui tient en haleine (Aïe !) et très tard les compagnons de Guillaume le Conquérant…

Mais l’ile reste à jamais la place des exquises saveurs et des surprises tropicales. Pour le soir, l’apéro est planteur, l’entrée caribéenne et le plat réunionnais….. À ce moment, la brillante lumière du soleil tombe dans l’Océan, entraînant la nuit noire sur la terre. Les indigènes voient à regret disparaître la lumière, mais les rameurs, eux, accueillent la nuit avec joie et festoient musicalement. Les chorégraphies improbables sont inspirées de quelques cérémonies rituelles locales (la danse du bonnet rouge !) ou lointaines (cérémonie du naven !) Les chants ligériens sont polyphoniques…

En cette journée qui s’achève, lorsque l’aurore sort de son lit, chacun aura vu des archipels sidéraux et des îles dont les cieux délirants se sont ouverts aux vogueurs… Ronfle à la mer, ronfle à la brise, cher Yann et chef de bord, et Dors ton bon somme de granit.

Deuxième journée : le Grand retour

Malheur à celui qui débarque(…),
Essayez d'foutre le camp,
Elle vous aura aux sentiments.
Comme femme retient l'amant.
(G Servat)

Des sombres épaisseurs du court sommeil, les rameurs sortent progressivement. Le spectacle est désolant ; chacun ouvre ses ailes, les ailes de son âme à tous les vents des mers. Car il nous faut encore traverser les flots, au gré ce jour du vent mauvais, de la pluie et de l’orage. Car la mer aime le ciel : elle lui redit ce dimanche son immense tourment. La mer est notre miroir ; elle contemple notre âme.

Sous un vent mauvais, nous arpentons le territoire insulaire et ses rivages, croisons Brigitte au sortir du manège, le teint et les chaussures orangées par le soleil de la veille.

La proue ardente et fière, c’est pourtant plein d’allant que vers 13h les rameurs repartent. D'ailleurs, nous n'eûmes guère le temps de réfléchir. Soudain, avec un puissant cri de guerre, une nuée de pirates s'élança avec rage des rives, du côté nord, entre deux bourrasques. Tel Bougainville qui, après neuf jours à peine passés sur Tahiti, quitte l’île sur ces mots : « Adieu, peuple heureux ! » nous décidons en guise d’offrandes à ces Dieux et en ces lieux d’y laisser Kamal et Hélène vivre d’A…viron et d’eau fraiche.

Groix la dense, l'essentielle, la douce et la coriace...île vivant dans son épaisseur d'île, solidité du roc et du parentage, de l'amitié, de la coutume, de l'amour... C’est Marie-O. qui t’abandonne pour de nouveaux rivages et Léna pour ses Samoa.

L’arrivée à Lorient est lumineuse, le ciel s’ouvre pour laisser passer le convoi des barques et remercier vivement le centre Nautique d’un tel voyage et de la réussite de son organisation.

 

L'illustre Hervé
Cercle Nautique d’Indre, le 11 juin 2018

Quand même librement inspiré de quelques vers de V Hugo, Homère, Bougainville, Stevenson, Servat, Rostand, Lamartine et de bien d’autres encore…..

 

[1] Centre nautique de Kerguelen Lorient

[2] Les compléments un peu surfaits vers nos amis normands visent à rétablir de cordiales relations interclubs suite aux propos ….. borderline d’une rameuse du CNI dont le prénom commence par la lettre F comme …. Fabulation !

[3] L’ordre d’arrivée au bar et … de sortie du bar bientôt en ligne !

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